19 janvier 2025
Mayotte, deux catastrophes en un mois : Chido puis Dikeledi
Le cyclone le plus intense en 90 ans, suivi trois semaines plus tard d’une tempête tropicale, sur un territoire déjà parmi les plus pauvres de France.
Le fait
Dans la nuit du 13 au 14 décembre 2024, le cyclone Chido frappe Mayotte avec une intensité inédite depuis 90 ans : environ 90 % des infrastructures du département sont endommagées (port, routes, aéroport, écoles, hôpital), le bilan officiel fait état de 39 morts et environ 4 000 blessés. Trois semaines plus tard, les 18 et 19 janvier 2025, la tempête tropicale Dikeledi touche à son tour un territoire déjà exsangue.
Les bidonvilles de l’île, qui abritaient une part importante de la population, ont été largement détruits. La reconstruction se poursuit encore en 2026 : nouvel aéroport, usine de dessalement, réhabilitation des écoles, mais les fonds débloqués restent, selon plusieurs élus locaux et associations, très en deçà des besoins.
Cadrage et contexte
Mayotte est le département français le plus pauvre, avec un habitat informel très vulnérable aux intempéries. La catastrophe a agi comme un révélateur d’inégalités préexistantes : système de santé déjà sous tension, accès à l’eau potable fragile, infrastructures publiques peu résilientes. Deux lois (loi d’urgence, puis loi de programmation pour la refondation de Mayotte promulguée le 11 août 2025) tentent d’y répondre, avec un décalage jugé important entre le texte et sa mise en œuvre sur le terrain.
Le lien avec l’urgence climatique
Le réchauffement des océans augmente l’énergie disponible pour l’intensification des cyclones tropicaux : c’est un mécanisme physique bien établi (voir notre page sur le cycle de l’eau). Attribuer la survenue d’un cyclone précis au seul changement climatique reste toutefois délicat scientifiquement ; ce qui est mieux documenté, c’est la tendance à une intensification des cyclones les plus violents à l’échelle des bassins océaniques.
Ce qu’il faut surveiller
La lenteur de la reconstruction pose la question plus large de l’adaptation des territoires ultramarins français à des phénomènes appelés à s’intensifier. Le rythme de déblocage des crédits promis, la solidité des futures infrastructures reconstruites, et la capacité de l’État à anticiper la prochaine saison cyclonique sont les points à suivre dans les prochains mois.
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