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Et donc ?

Et donc ?

Et donc ? Les inégalités climatiques

Une canicule ne fait pas de différence entre riches et pauvres — mais ses conséquences, si. En 2025, la chaleur a été 31 % plus meurtrière dans les dix départements français les plus pauvres que dans les dix plus riches.

Publié le 6 septembre 2026 2 min de lectureclimatinégalitésjustice climatiquecaniculequartiers populaires

1. Le constat : une même chaleur, des destins différents

En 2025, la chaleur a été 31 % plus meurtrière dans les dix départements les plus pauvres de l'Hexagone et de Corse que dans les dix plus riches, selon Oxfam France.

Ce n'est pas un phénomène nouveau : lors de la canicule de 2003 (environ 15 000 morts), la surmortalité a atteint 60 % au niveau national — mais 160 % en Seine-Saint-Denis, l'un des départements les plus pauvres du pays.

2. Le mécanisme : la pauvreté cumule les vulnérabilités

Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, les logements sont plus souvent surpeuplés (un taux de suroccupation trois fois supérieur à la moyenne française) et mal isolés contre la chaleur — de véritables bouilloires l'été, selon la Fondation pour le Logement.

S'y ajoute une vulnérabilité sanitaire : diabète, asthme et hypertension y sont plus fréquents, et l'accès à un médecin spécialiste y est nettement plus faible — 248 spécialistes pour 100 000 habitants en Seine-Saint-Denis, contre 340 en moyenne nationale.

Et une vulnérabilité économique face à l'adaptation individuelle : les cadres et professions libérales sont deux fois plus nombreux à posséder une climatisation (37 %) que les personnes sans emploi (19 %).

3. Les conséquences : ça se vérifie déjà

62 % des habitants des quartiers populaires ont eu du mal à trouver un endroit frais pendant les canicules de l'été 2025, contre 48 % pour l'ensemble des Français.

Le GIEC le confirme à l'échelle mondiale, avec un niveau de confiance qu'il qualifie lui-même de très élevé : les risques et les impacts du changement climatique accroissent les inégalités déjà existantes.

4. Si on continue comme ça

Le GIEC met en garde contre le risque de « gentrification verte » : les mesures d'adaptation (végétalisation, rénovation thermique) bénéficient souvent d'abord aux quartiers déjà favorisés, laissant les plus vulnérables derrière.

Sans correction volontaire, chaque nouvelle canicule est susceptible de creuser un peu plus l'écart déjà mesuré entre départements pauvres et riches.

5. On peut encore agir

Intégrer le confort d'été — volets, brasseurs d'air, protections solaires — aux critères de décence des logements et aux aides à la rénovation, plutôt que de le traiter comme une option secondaire : c'est l'objet d'une proposition de loi transpartisane portée par plus de 150 député·es.

Prioriser la végétalisation et la lutte contre les îlots de chaleur urbains dans les quartiers qui en manquent le plus aujourd'hui, plutôt que là où c'est le plus simple à mettre en œuvre.

Sources

  1. GIEC (IPCC) — AR6 — Rapport de synthèse, Intergovernmental Panel on Climate Change 2023
  2. OMM (WMO) — State of Global Water Resources 2024, World Meteorological Organization 2025
  3. Copernicus Climate Change Service (C3S) — Global Climate Highlights 2024, ECMWF / Copernicus 2025
  4. NOAA — Climate.gov — Global Climate Reports, National Oceanic and Atmospheric Administration 2025
  5. WWF / ZSL — Living Planet Report, World Wide Fund for Nature 2024
  6. IPBES — Global Assessment Report on Biodiversity and Ecosystem Services, Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services 2019
  7. PNUE (UNEP) — Spreading like Wildfire — The Rising Threat of Extraordinary Landscape Fires, United Nations Environment Programme 2022
  8. The Lancet Countdown — The Lancet Countdown on Health and Climate Change, The Lancet 2024
  9. Santé publique France — Surveillance de la mortalité et des effets sanitaires de la chaleur, Santé publique France 2025
  10. WGMS — World Glacier Monitoring Service — base de données, World Glacier Monitoring Service 2025