3 août 2026
Gironde, été 2026 : le 2ᵉ plus grand incendie de France depuis la Seconde Guerre mondiale
40 000 hectares brûlés, 240 maisons détruites, 220 000 personnes évacuées — et une étude d’attribution qui relie directement l’intensité de l’incendie au réchauffement climatique.
Le fait
Les 22 et 23 juillet 2026, un incendie se déclare près du littoral atlantique et se propage rapidement à l’intérieur des terres, devenant particulièrement destructeur dans le département de la Gironde, autour de Bordeaux. Il brûle environ 40 000 hectares — le deuxième plus grand incendie de forêt en France depuis la Seconde Guerre mondiale. Au moins 240 maisons sont détruites et environ 220 000 résidents et touristes sont évacués. La qualité de l’air se dégrade fortement jusqu’à 400 km en aval du panache de fumée, avec des niveaux de particules fines jusqu’à 20 fois supérieurs au seuil de qualité de l’air « correcte ».
Cadrage et contexte
Le feu se propage dans le massif des Landes de Gascogne, plus de 800 000 hectares de plantations de pins maritimes à haute densité, un couvert forestier propice à une combustion rapide (litière d’aiguilles, combustible en « échelle » reliant le sol à la canopée, feux de cime). Il survient après une succession de vagues de chaleur exceptionnelles depuis le printemps 2026 et une sécheresse des sols déjà documentée sur le site.
Le lien avec l’urgence climatique
Une étude rapide de World Weather Attribution, publiée le 30 juillet 2026, conclut que le changement climatique d’origine humaine a rendu les conditions météorologiques extrêmes à l’origine de l’incendie au moins deux fois plus probables qu’à l’ère préindustrielle, avec une intensité accrue d’environ 46 %. Une semaine plus tard, la même équipe de chercheurs a documenté un mécanisme comparable au Canada, où des feux d’une ampleur exceptionnelle ont eux aussi été rendus environ deux fois plus probables par le réchauffement — signe que ce constat ne se limite pas à un seul pays.
Ce qu’il faut surveiller
L’exposition humaine a fortement augmenté avec l’urbanisation croissante du littoral et l’afflux touristique estival, ce qui a compliqué les évacuations. Sur le plan sanitaire, l’exposition à la fumée des feux de forêt a été associée à plus de 8 000 décès prématurés en 2024 dans 22 pays de l’Union européenne (Lancet Countdown). Ce constat renforce l’urgence des mesures déjà présentées sur le site : débroussaillement, diversification des essences forestières moins inflammables, et réduction des émissions de gaz à effet de serre en amont.
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