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Faits marquants

4 septembre 2026

Le parc solaire français franchit les 34 gigawatts, une production trimestrielle record

34 gigawatts installés fin juin, 14,1 térawattheures produits au deuxième trimestre : le solaire photovoltaïque confirme sa progression en France, sans que les tensions sur son soutien public disparaissent pour autant.

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Le fait

Le 4 septembre 2026, le service statistique du ministère de la Transition écologique (SDES) publie son tableau de bord trimestriel : au 30 juin 2026, la puissance du parc solaire photovoltaïque raccordé en France atteint 34,0 gigawatts (GW), après 3,0 GW raccordés au premier semestre, un rythme légèrement supérieur à celui du premier semestre 2025 (2,9 GW). La production brute d'électricité solaire s'élève à 14,1 térawattheures (TWh) au deuxième trimestre, en hausse de 18 % sur un an, ce qui représente 8,6 % de la consommation électrique métropolitaine sur la période hors autoconsommation — un record pour un trimestre.

Cette progression s'est faite dans un contexte météorologique qui l'a directement favorisée : selon les données de RTE et d'Enedis, pendant les canicules de juin et juillet 2026, le photovoltaïque a été la seule source de production à augmenter sa production, jusqu'à 17 % de plus, quand le nucléaire, le gaz et l'hydraulique voyaient au contraire la leur contrainte par la chaleur et le manque d'eau.

Cadrage et contexte

La France avait déjà dépassé les 33 GW fin mars 2026, après avoir raccordé 5,9 GW sur toute l'année 2025 — un record annuel à l'époque. Le parc représentait alors 9,5 % de la production électrique nationale. La trajectoire officielle de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3), publiée en 2026, vise 48 GW installés en 2030. Au rythme actuel de raccordement, cet objectif reste atteignable, mais plusieurs indicateurs de marché montrent un ralentissement : moins de contrats d'achat direct d'électricité signés qu'en 2024, une baisse progressive des tarifs de soutien public, et une première période d'appel d'offres simplifié qui n'a attribué que 43,5 mégawatts sur 192 proposés.

Pourquoi ce chiffre compte pour la trajectoire climatique

La France produit déjà une électricité très largement décarbonée grâce à la combinaison du nucléaire et des renouvelables (voir le bilan RTE 2025). L'intérêt du solaire est donc moins de décarboner davantage une production déjà propre que de donner les moyens d'électrifier les usages encore fossiles, chauffage et transport en tête, et de disposer d'une source de production disponible précisément lors des pics de demande estivale liés aux vagues de chaleur — un besoin appelé à croître avec le réchauffement.

Ce que ce chiffre ne dit pas

Le développement du solaire se heurte à un paradoxe désormais documenté : produire davantage aux heures ensoleillées fait chuter les prix de gros de l'électricité, parfois en territoire négatif (jusqu'à -498,65 €/MWh le 1er mai 2026 selon RTE), ce qui fragilise la rentabilité des nouvelles installations et alimente les critiques sur la baisse continue des aides publiques. La filière elle-même est partagée entre la satisfaction d'avoir un cap clair et l'inquiétude face au ralentissement de certains segments du marché.

Ce progrès sur la production électrique ne change rien aux autres faits marquants de la même saison : la France a par ailleurs connu son été le plus chaud jamais enregistré, avec sécheresse des sols et incendies records. Décarboner l'électricité est une condition nécessaire à la transition, pas une réponse aux impacts déjà engagés du réchauffement.

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