Alimentation
Le changement climatique va-t-il faire grimper le prix de mon alimentation ?
Les chocs climatiques pèsent déjà sur certains prix alimentaires.
Les faits
Une étude publiée en 2025 dans la revue Environmental Research Letters a recensé seize flambées de prix alimentaires entre 2022 et 2024 directement liées à des événements climatiques extrêmes (sécheresses, canicules, inondations), touchant des produits comme le café, le cacao, l'huile d'olive ou les pommes de terre.
Au-delà de ces chocs ponctuels, certaines projections estiment que le changement climatique pourrait alimenter une inflation des prix alimentaires de l'ordre de 3 % par an en moyenne dans le monde d'ici 2035.
Pourquoi ?
Les causes documentées de cette situation, avec leurs sources.
Le mécanisme est physique : la chaleur et le manque d'eau freinent la croissance des plantes ; selon le GIEC, la perte de rendement agricole imputable à la sécheresse a atteint environ 25 % entre 1961 et 2006, et devrait encore augmenter de 9 à 18 % selon les cultures d'ici 2071-2100.
Ces pertes de récolte se répercutent directement sur les prix : la canicule de 2003 avait déjà entraîné une baisse de 20 à 30 % des récoltes en France et dans les pays voisins, un ordre de grandeur comparable aux épisodes récents recensés entre 2022 et 2024.
Qui en répond ?
Agriculture & pesticides
Vie quotidienne & économie- Emmanuel Macron
Renaissance · Président de la République
- Position
- Soutien à l'assouplissement
- Levier
- Promulgation (exécutif)
- Statut
- Réalisé
- Élément factuel
- Promulgation de la loi Duplomb le 12 août 2025 (simplifications pour les grands élevages, stockage d'eau), après censure par le Conseil constitutionnel de la réintroduction d'un néonicotinoïde.
- Agnès Pannier-Runacher
Renaissance · Députée du Pas-de-Calais (2e circ.) depuis nov. 2025 ; ministre de la Transition écologique 2024-2025
- Position
- Opposée à la réintroduction des néonicotinoïdes (position affichée)
- Levier
- Décret / arbitrage ministériel
- Statut
- Contrasté
- Élément factuel
- Déclare publiquement s'opposer à la réintroduction de l'acétamipride (France Info, mai 2025 ; Sud Radio, nov. 2024). Mais lors de la loi Duplomb (juillet 2025), soutient le renvoi à l'Anses pour temporiser, et cosigne avec l'Agriculture et la Santé un décret encadrant l'indépendance de l'Anses sur le calendrier d'examen des pesticides — décret attaqué devant le Conseil d'État. Mediapart relève des contradictions entre discours et actes.
Reporterre (juil. 2025) ; Mediapart / France Info (mai 2025)
- Jordan Bardella
Rassemblement national · Président du Rassemblement National (depuis 2022) ; député européen
- Position
- Soutien aux assouplissements (pro-FNSEA)
- Levier
- Vote / soutien parlementaire
- Statut
- Soutenu
- Élément factuel
- Le RN a soutenu la loi Duplomb (2025), reprenant des revendications de la FNSEA ; opposition aux mesures de réduction des pesticides relevée par Basta!.
- Sandrine Rousseau
Les Écologistes · Députée de Paris (9e circ.), Les Écologistes (depuis 2022)
- Position
- Opposition frontale à la loi Duplomb / aux néonicotinoïdes
- Levier
- Vote / proposition de loi
- Statut
- Opposé
- Élément factuel
- Dénonce la loi Duplomb comme un recul écologique majeur et l'acétamipride ; critique le pouvoir de la FNSEA ; propose d'interdire les pesticides autour des captages d'eau. Sa formule sur la « rentabilité des agriculteurs » (juill. 2025) a été très critiquée ; elle dit viser le modèle productiviste.
- Édouard Philippe
Horizons · Maire du Havre, président d'Horizons ; ancien Premier ministre (2017-2020) ; candidat à la présidentielle 2027
- Position
- Soutien au monde agricole (révision de la Charte)
- Levier
- Proposition constitutionnelle / vote du groupe
- Statut
- Affiché
- Élément factuel
- Les députés Horizons ont majoritairement voté la loi Duplomb (2025). En juin 2026, propose de modifier la Charte de l'environnement pour y inscrire l'agriculture comme « objectif légitime », dans la ligne de la demande FNSEA d'un « principe d'innovation ».
- Marine Le Pen
Rassemblement national · Députée du Pas-de-Calais ; candidate déclarée à la présidentielle 2027 depuis le 8 juillet 2026, éligible malgré sa condamnation en appel du 7 juillet 2026 (peine d'inéligibilité déjà purgée), mais sous bracelet électronique.
- Position
- Favorable à l'assouplissement de la réglementation sur les pesticides : soutien assumé à la loi Duplomb (réintroduction dérogatoire de l'acétamipride) et à la loi d'urgence agricole de juillet 2026, votées par le groupe RN dans son ensemble.
- Levier
- Vote du groupe RN à l'Assemblée (loi d'urgence agricole, 20-21 juillet 2026) + déclaration personnelle
- Élément factuel
- Sur X, à propos de la loi Duplomb : « nous soutenons pleinement qu'un débat parlementaire se tienne sur la loi Duplomb [...] Nous refusons que la propagande des gauches puisse laisser imaginer à nos compatriotes que cette loi menace leur santé et notre environnement. »
- Jean-Luc Mélenchon
La France insoumise (LFI) · Fondateur de La France insoumise ; ancien député et eurodéputé ; candidat à la présidentielle (2012, 2017, 2022)
- Position
- Opposition à la réintroduction de pesticides néonicotinoïdes (acétamipride) prévue par la loi Duplomb ; programme LFI 2027 : interdiction immédiate des pesticides les plus dangereux (glyphosate, néonicotinoïdes)
- Levier
- Déclaration co-signée (tribune) + proposition de loi d'abrogation portée par le groupe LFI à l'Assemblée
- Statut
- Opposé
- Élément factuel
- Mélenchon a co-signé avec d'autres députés LFI (Bompard, Panot) une tribune annonçant une proposition de loi pour abroger la réintroduction de l'acétamipride et du flupyradifurone, inscrite à la niche parlementaire LFI du 29 octobre. Le programme présidentiel 2027 prévoit par ailleurs l'interdiction immédiate du glyphosate et des néonicotinoïdes.
- Raphaël Glucksmann
Place publique
- Position
- Opposé à l'assouplissement de la réglementation sur les pesticides
- Levier
- Programme présidentiel — Acte I (2025)
- Élément factuel
- Le programme prévoit d'interdire les pesticides les plus néfastes (glyphosate, néonicotinoïdes) ainsi que les PFAS dans les objets du quotidien, et de créer des zones sans pesticides autour des points de captage d'eau, des écoles et des établissements sensibles.
Place publique — « Notre vision pour la France, Acte I » (23 juin 2025)
Ce qui progresse
Ce sujet n'est pas qu'un problème : voici, sources à l'appui, ce qui avance déjà.
Face à la baisse de rendements liée à la sécheresse, la recherche agronomique développe des leviers d'adaptation documentés par l'INRAE : sélection de variétés plus tolérantes au stress hydrique, diversification des cultures et des rotations, agroécologie, pilotage plus précis de l'irrigation. Ces travaux ne suppriment pas le risque mais visent à limiter la perte de rendement plutôt qu'à la subir.
Le Varenne agricole de l'eau et de l'adaptation au changement climatique, lancé en 2021, a permis d'engager l'ensemble de ses 24 mesures, dont une réforme de l'assurance récolte entrée en vigueur dès janvier 2023 pour mieux indemniser les pertes de rendement liées aux aléas climatiques.