Mobilité
Vais-je devoir renoncer à ma voiture thermique (ZFE, fin du thermique en 2035) ?
Un dossier réglementaire mouvant, et un débat politique toujours ouvert.
Les faits
Rendues obligatoires par la loi Climat et Résilience dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants (25 zones actives début 2025), les ZFE ont vu leur suppression votée dans la loi de simplification de la vie économique, avant que le Conseil constitutionnel ne l'annule le 21 mai 2026 pour un motif de procédure : elles restent en vigueur, mais le sujet devrait revenir en débat.
Au niveau européen, le règlement (UE) 2023/851 prévoit qu'à compter du 1er janvier 2035, les voitures particulières et utilitaires légers neufs vendus dans l'UE ne devront plus émettre de CO2 ; les véhicules déjà immatriculés pourront continuer à circuler et à être revendus.
Une clause de revoyure a été activée : fin 2025, la Commission européenne a proposé d'abaisser l'objectif de 100 % à 90 % de réduction des émissions, ce qui rouvrirait la porte à certains hybrides rechargeables et carburants de synthèse après 2035. La mesure doit encore être validée par les États membres et le Parlement.
Pourquoi ?
Les causes documentées de cette situation, avec leurs sources.
L'échéance de 2035 découle du règlement européen (UE) 2023/851, révisé en 2022 dans le cadre du Pacte vert et du paquet « Fit for 55 » : le transport routier représente environ 22 % des émissions de CO2 de l'UE, dont 12 à 14 % pour les seules voitures particulières.
Les ZFE, elles, répondent d'abord à un objectif de qualité de l'air en zone urbaine plus qu'à un objectif climatique direct ; elles ont été rendues obligatoires par la loi Climat et Résilience de 2021 dans les agglomérations de plus de 150 000 habitants.
Qui en répond ?
Transports & ZFE
Vie quotidienne & économie- Agnès Pannier-Runacher
Renaissance · Députée du Pas-de-Calais (2e circ.) depuis nov. 2025 ; ministre de la Transition écologique 2024-2025
- Position
- Décarbonation prioritaire
- Levier
- Décret (PPE3 / SDMP)
- Statut
- En cours
- Élément factuel
- Désigne les transports comme le secteur où « la marche à franchir est la plus élevée » ; stratégie mobilités propres intégrée à la PPE3.
- Édouard Philippe
Horizons · Maire du Havre, président d'Horizons ; ancien Premier ministre (2017-2020) ; candidat à la présidentielle 2027
- Position
- Le groupe parlementaire Horizons, qu'il préside, a voté la suppression des ZFE en avril 2026 — revenant sur le dispositif institué sous son propre gouvernement en 2019.
- Levier
- Vote du groupe parlementaire Horizons (parti qu'il préside)
- Statut
- Affiché (vote de groupe)
- Élément factuel
- Le 14 avril 2026, les députés du groupe Horizons ont voté, avec la droite, le Rassemblement national et une partie du MoDem, l'amendement supprimant les ZFE intégré à la loi de simplification de la vie économique, contre l'avis du gouvernement Lecornu. Les ZFE avaient pourtant été instaurées par la loi d'orientation des mobilités (LOM) de décembre 2019, sous le gouvernement d'Édouard Philippe, puis étendues en 2021.
- Emmanuel Macron
Renaissance · Président de la République
- Position
- Assouplissement
- Levier
- Réglementaire
- Statut
- Reculé
- Élément factuel
- Sous son exécutif, remise en cause des zones à faibles émissions (ZFE) en 2025, pointée par le HCC ; par ailleurs soutien à l'électrification automobile et au ferroviaire.
- Jordan Bardella
Rassemblement national · Président du Rassemblement National (depuis 2022) ; député européen
- Position
- Suppression des ZFE
- Levier
- Programme / vote
- Statut
- Proposé
- Élément factuel
- Programme : supprimer les zones à faibles émissions, baisser le coût des carburants, revenir sur l'interdiction de louer les passoires thermiques. Au Parlement européen, opposition à la fin des moteurs thermiques neufs en 2035.
- Sandrine Rousseau
Les Écologistes · Députée de Paris (9e circ.), Les Écologistes (depuis 2022)
- Position
- Favorable aux ZFE (avec accompagnement social)
- Levier
- Tribune / vote
- Statut
- Soutenu
- Élément factuel
- Cosignataire d'une tribune (2022) appelant à instaurer la ZFE du Grand Paris au nom de la santé des plus précaires ; défend le dispositif face à sa suppression votée en 2025.
- Jean-Luc Mélenchon
La France insoumise (LFI) · Fondateur de La France insoumise ; ancien député et eurodéputé ; candidat à la présidentielle (2012, 2017, 2022)
- Position
- Fin des ZFE dans leur forme actuelle (justice sociale) + alternatives
- Levier
- Programme / vote
- Statut
- Critique
- Élément factuel
- Qualifie les ZFE de « zones à forte exclusion » : dispositif jugé socialement injuste (Crit'Air par âge du moteur). Propose d'y mettre fin dans leur conception actuelle, au profit des transports collectifs, du rail et du vélo, et d'un malus poids.
- Marine Le Pen
Rassemblement national · Députée du Pas-de-Calais ; candidate déclarée à la présidentielle 2027 depuis le 8 juillet 2026, éligible malgré sa condamnation en appel du 7 juillet 2026 (peine d'inéligibilité déjà purgée), mais sous bracelet électronique.
- Position
- Favorable à la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), qualifiées de « dispositif d'exclusion » pour les ménages modestes.
- Levier
- Déclaration personnelle (X, 2023), reprise dans une proposition de loi déposée par le groupe RN
- Élément factuel
- « Avec les ZFE, ce sont les pauvres qui seront interdits d'aller dans les villes concernées parce qu'ils n'auront pas les moyens de s'acheter les voitures que vous exigez. Ce dispositif d'exclusion doit être abrogé ! »
- Raphaël Glucksmann
Place publique
- Position
- Décarbonation des transports par le rail, fin des privilèges fiscaux polluants
- Levier
- Programme présidentiel — Acte I (2025)
- Élément factuel
- Le programme prévoit un grand plan rail national, la suppression des exonérations de TVA et de taxe sur le kérosène, l'extension de l'interdiction des vols intérieurs avec alternative ferroviaire, la taxation des jets privés, yachts et SUV, ainsi qu'un moratoire sur les grands projets autoroutiers et routiers d'État.
Place publique — « Notre vision pour la France, Acte I » (23 juin 2025)
Ce qui progresse
Ce sujet n'est pas qu'un problème : voici, sources à l'appui, ce qui avance déjà.
La part de marché des voitures 100 % électriques dans les ventes de véhicules neufs en France est passée d'environ 17 % en 2024 à un record mensuel de 38 % en août 2026, portée par le leasing social et l'élargissement de l'offre à des prix plus accessibles — dans un marché automobile globalement stable, sans hausse équivalente du nombre total de véhicules vendus.
Observatoire de l'Industrie Électrique (données PFA/AAA-DATA)(nouvel onglet)
Le réseau de bornes de recharge publiques a progressé de 31 % en un an pour atteindre environ 150 000 points fin 2024, une expansion jugée nécessaire par la filière pour accompagner la hausse des ventes de véhicules électriques, notamment sur les axes autoroutiers et en zone rurale.